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Nous rejoindre

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Manifeste

À l'heure où les guerres et les conflits se multiplient à travers le monde et le réarmement de l’Europe est en cours, beaucoup d’entre nous se posent la question : Que faire pour cohabiter sans se déchirer ? Comment développer des stratégies de sécurité non-violente et non répressive? Par quoi commencer pour faire émerger la paix ? 

Dans un contexte de bouleversements géopolitiques profonds et de remise en cause des cadres internationaux existants, il devient nécessaire de repenser en profondeur nos approches de la sécurité, de la coexistence juste et de la paix. Les réponses héritées du passé ne suffisent plus face aux réalités contemporaines. Garantir un avenir pacifique suppose de mobiliser l’ensemble des outils disponibles, de les financer à la hauteur des enjeux et d’en développer de nouveaux, adaptés à un monde en transformation.

Redéfinir la sécurité implique de regarder la guerre en face: ses violences, l’indifférence qu’elle peut susciter et les conséquences durables des choix politiques qui la rendent possible. Nous en avons collectivement fait l’expérience. Mais cette lucidité ne peut conduire au renoncement. Elle doit au contraire s’appuyer sur les ressources qui traversent les sociétés: les solidarités, la responsabilité, la créativité sociale et la capacité des individus et collectifs à agir pour préserver le vivant, les liens sociaux et les conditions mêmes de notre humanité.

Repenser la Sécurité France est un collectif d’individus et d’organisations engagés pour la paix, qui privilégient la coopération à la confrontation et la sécurité humaine à l’escalade militaire. La paix peut paraitre abstraite mais elle consiste avant tout à transformer nos conflits et trouver -face aux crises - des alternatives pacifiques et durables justes pour tous et toutes. 

Notre mobilisation collective s’organise autour
de 7 axes : 

1. Redéfinir la sécurité à partir des vies,
pas des armes

En France et ailleurs la sécurité est largement pensée à travers des réponses militaires, policières ou technologiques. Pourtant, elle ne se mesure pas à la force armée ni à la capacité de contrôle, mais à la possibilité pour toutes et tous de vivre dignement, librement et sans peur. Nous affirmons que la sécurité est d’abord humaine, sociale, écologique et démocratique. Elle repose sur l’accès aux droits, la réduction des inégalités, la transformation de l’ordre social et la protection du vivant. Repenser la sécurité, c’est donc rompre avec les cadres dominants et ouvrir le débat.

2. Sortir du paradigme militarisé et répressif

La militarisation croissante n’apporte ni stabilité ni sécurité collective. Elle contribue au contraire à normaliser la violence et renforcer les logiques autoritaires, en traitant les conséquences des conflits plutôt que leurs causes. Nous appelons à un changement de paradigme: remplacer la centralité des réponses armées et sécuritaires par des approches fondées sur la prévention, la non-violence et la justice sociale.

3. S’attaquer aux causes profondes des conflits, des guerres et des violences

Les conflits et les insécurités ne naissent pas du vide. Ils sont le produit de dynamiques structurelles : inégalités sociales et économiques, discriminations systémiques, héritages coloniaux, extractivisme, dérèglement climatique, crise démocratique. Il faut donc remonter aux racines profondes des problèmes. Nous défendons une approche critique qui refuse la hiérarchisation des vies et remet en question les rapports de pouvoir qui légitiment la violence au nom de la sécurité et de l’ordre.

4. Faire de la paix un projet politique concret

La paix n’est ni naïve ni passive. Elle est un processus actif qui se construit par des choix politiques, des investissements publics et des pratiques sociales. Diplomatie préventive, médiation, désobéissance et défense civiles non-violentes, mobilisation de masse, action directe non-violente, auto-organisation, CNV, etc. sont autant d’approches visant à répondre à la conflictualité sans alimenter la spirale de la violence. Nous appelons à la reconnaissance de ces alternatives, à leur financement et leur intégration dans les politiques de sécurité, en France comme dans les relations internationales.

5. Démocratiser la sécurité et renforcer la participation citoyenne

La sécurité ne peut être définie par un cercle restreint d’experts militaires ou industriels. Elle doit être un enjeu démocratique, débattu collectivement. Nous, citoyen·nes, membres d’associations, militant·es, chercheur·ses et universitaires, plaidons pour une participation réelle de la société civile aux décisions qui engagent notre avenir commun. Sans démocratie vivante ni transparence, il n’y a pas de sécurité durable.

6. Rompre avec l’économie de la guerre

La production et le commerce des armes structurent en profondeur les politiques nationales et internationales de sécurité. En France, ils influencent les choix budgétaires, diplomatiques et industriels. Nous appelons à remettre en question ce modèle de fuite en avant mortifère, à renforcer la transparence et à réorienter les budgets vers des activités socialement et écologiquement utiles. La guerre ne peut être un horizon politique souhaitable.

7. Construire la paix sur des bases collectives, coopératives et écologiques

Face aux crises globales - climatiques, sanitaires, sociales, géopolitiques - aucune réponse nationale, armée ou isolée ne peut suffire. Nous défendons des politiques de sécurité et de construction de la paix fondées sur la coopération, la solidarité internationale et la protection des biens communs. La sécurité est indissociable de la défense du vivant et de la construction collective d’une  architecture de paix juste et inclusive, ici et ailleurs, du local au global.

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